La Méditerranée

carte des plans reliefs du musée

Les plans-reliefs du littoral méditerranéen, construits entre la fin du XVIIe et la fin du XIXe siècle, offrent un panorama des aménagements réalisés de François Ier à Louis XV pour assurer la défense des côtes provençales. Cette zone commerciale de première importance entre l’Occident et l’Orient, largement convoitée, était en proie depuis le Haut Moyen Age aux raids incessants des pirates sarrasins. Région frontalière, elle était aussi régulièrement menacée depuis le Moyen Age par les provinces italiennes voisines, du Piémont ou de Gênes, par l’Espagne des Habsbourg au XVIe siècle, la marine anglaise à partir du XVIIe siècle, puis par l’Autriche au XVIIIe siècle, alliée du royaume de Piémont-Sardaigne. C’est ainsi qu’à partir des derniers Valois fut mis en place un réseau défensif nécessaire à la protection des principaux ports, des îles et des mouillages de la côte, largement renforcé sous Louis XIV.

Le fort Saint-Nicolas © Paris, Musée des Plans-reliefs
Le fort Saint-Nicolas
© Paris, Musée des Plans-reliefs

La fortification des ports les plus proches de la frontière intervint dès le XVIe siècle, dans le contexte des guerres d’Italie, afin de défendre la Provence contre toute incursion ennemie par voie maritime ou terrestre. Les défenses bastionnées du port frontalier d’Antibes furent ainsi mises en place sous Henri II, complétées et modernisées jusque sous Louis XV face à l’Angleterre et l’Autriche. Le rattachement définitif à la France du petit port de Saint-Tropez en 1672 permit de retourner contre les ennemis du royaume les fortifications qu’avaient édifiées les Génois. L’utilisation et la mise en défense des îles de Lérins, intervenue dès le Moyen Age, devait éviter toute implantation ennemie susceptible de rendre cette position dangereuse pour les côtes provençales. Lors de l’aménagement des frontières maritimes du royaume, la défense des côtes méditerranéennes s’organisa sous Louis XIV autour de Toulon, qui devint le principal port militaire français en Méditerranée. Les défenses de cette position stratégique furent continuellement renforcées tout au long des XVIIIe et XIXe siècles en fonction de l’augmentation de la portée des tirs d’artillerie ; la création de nouveaux forts, tels ceux de La Malgue, des Pomets ou d’Artigues, devait mettre l’arsenal à l’abri de toute attaque terrestre.

Saint-Tropez © Paris, Musée des Plans-reliefs
Saint-Tropez
© Paris, Musée des Plans-reliefs

Marseille, principal port de commerce français en Méditerra-née, vit ses défenses renforcées dès François Ier, avec notamment l’édification sur un îlot rocheux du château d’If, destiné à protéger l’accès au port.  La défense de la bouche du port fut complétée au XVIIe siècle par la construction des forts Saint-Jean et Saint-Nicolas. Comme sur le littoral atlantique, ces nouvelles fortifications érigées sous Louis XIV avaient une double fonction, défensive face à l’ennemi, mais aussi de surveillance de la population frondeuse rebelle au roi ; à l’instar du Château-Trompette de Bordeaux, le fort Saint-Nicolas contrôlait le port et surveillait la ville.

La citadelle de Calvi © Paris, Musée des Plans-reliefs
La citadelle de Calvi
© Paris, Musée des Plans-reliefs

Dernier poste avancé en Méditerranée, la citadelle de Calvi, acquise en même temps que la Corse en 1768, offrait à la France un point d’appui stratégique face aux puissances maritimes rivales (Angleterre, Autriche et royaume de Piémont-Sardaigne).